Sérigraphie : définition et principe de marquage textile
La sérigraphie est une technique d'impression par pochoir : l'encre traverse un écran maillé pour se déposer directement sur le support. Cette définition vous permettra ensuite de suivre chaque étape du marquage, puis de vérifier les critères utiles avant de faire imprimer des vêtements de travail.
Qu'est-ce que la sérigraphie ?
Le principe de la sérigraphie tient en un geste : une lame pousse l'encre à travers un écran dont certaines zones sont bouchées. La sérigraphie permet ainsi de faire apparaître le motif sur le support, pièce après pièce, avec le même dessin à chaque passage.
Une impression directe par pochoir
La sérigraphie est une technique d'imprimerie directe : l'encre arrive sur le textile sans passer par un film ou un papier intermédiaire. « Impression » désigne toute la famille de procédés, tandis que « sérigraphie » nomme cette méthode d'impression précise. La convention collective nationale des industries de la sérigraphie la définit d'ailleurs par trois éléments : le pochoir, les mailles et la racle.
- Le cadre : en aluminium ou en bois, il maintient la toile tendue.
- La toile : autrefois en soie, d'où le nom du procédé, elle est aujourd'hui généralement synthétique, notamment en polyester.
- L'émulsion : cette couche photosensible durcit à la lumière et obture les mailles hors du motif.
- La racle : cette lame souple pousse l'encre à travers les mailles restées ouvertes.
Les zones obturées retiennent l'encre, les zones ouvertes la laissent passer. L'écran joue donc le rôle de forme imprimante : aucune presse traditionnelle n'est nécessaire, puisque la racle assure seule le transfert.
Le rôle des couleurs et de la maille
Chaque couleur du visuel demande en général son propre écran et son propre calage, c'est-à-dire son réglage de position. Un logo d'une seule couleur mobilise un écran. À l'inverse, un motif de quatre couleurs demande typiquement quatre écrans et quatre calages.
La finesse de la maille, mesurée en fils par centimètre, module ensuite la quantité d'encre déposée. Autour de 90 fils/cm, elle favorise les aplats couvrants. À partir de 120 à 140 fils/cm, elle convient mieux aux textes et aux détails fins. Ce dépôt produit des aplats nets et des couleurs franches, et les mélanges d'encres permettent de reproduire des références Pantone, sous réserve d'un réglage adapté au support.
Les supports et les types de sérigraphie
La sérigraphie à plat imprime des supports plans : en marquage textile, elle concerne notamment les t-shirts, polos, sweats et tote-bags. Le procédé s'applique aussi au papier, au carton et à certains supports rigides comme le verre, le métal ou le plastique, utilisés notamment pour des objets publicitaires et des goodies personnalisés, à condition de choisir une encre compatible. Ces différents supports expliquent la diversité des atouts et limites de la sérigraphie textile selon l'usage.
Le type de sérigraphie varie aussi selon que la production est manuelle, semi-automatique ou automatique. La sérigraphie industrielle rotative utilise quant à elle un écran cylindrique pour imprimer des objets en volume, comme des bouteilles, ou des matières en continu.
Comment se déroule le marquage textile ?
Le marquage suit un ordre fixe : préparation du visuel, fabrication des écrans, impression à la racle puis fixation à chaud. Chaque étape de la chaîne sérigraphique conditionne la netteté et la tenue du résultat final.
La préparation du visuel et des typons
Le visuel est d'abord séparé en calques, un par couleur. Chaque calque est ensuite reporté en noir sur un film transparent appelé typon. Cette séparation détermine le nombre d'écrans à fabriquer.
- Format du fichier : un fichier vectoriel PDF, AI ou SVG en tons directs facilite la préparation.
- Traits et textes : les traits inférieurs à 0,2 mm et les petits textes risquent de mal tenir sur le pochoir.
- Dégradés : un effet de dégradé se prépare par tramage, car le procédé ne reproduit pas de dégradé continu.
Ces contraintes se traitent dès la conception du visuel : vérifiez l'épaisseur des traits avant de valider le fichier, plutôt qu'au moment du calage.
L'insolation et le calage des écrans
Une fois le typon prêt, la toile est dégraissée, enduite d'émulsion photosensible, puis passe par un séchage à l'obscurité. Le typon est ensuite plaqué contre l'écran pour y reporter le motif.
Pendant l'insolation, la lumière ultraviolette durcit l'émulsion exposée. Les zones masquées par le noir du typon restent solubles : un lavage à l'eau les retire et ouvre les mailles du pochoir. L'écran est ensuite retouché si nécessaire.
Les écrans sont alors calés pour superposer les couleurs avec précision sur le textile. Un défaut de repérage produit des contours dédoublés. Entre certains passages, un flashage fixe partiellement l'encre avant le transfert de la couleur suivante.
Le passage de la racle et la polymérisation
Le vêtement est maintenu à plat pendant que la racle pousse l'encre à travers l'écran. Sa pression, son angle et sa vitesse influencent la couverture et la netteté. En pratique, ce transfert prend quelques secondes par t-shirt. L'encre utilisée dépend du textile et du rendu voulu : une encre à l'eau donne un toucher plus doux, tandis que le plastisol, épais et couvrant, ne sèche pas à l'air.
La fixation à chaud clôt le processus d'impression. Le plastisol requiert généralement 150 à 170 °C. Une encre professionnelle à l'eau peut demander 160 °C pendant 2 minutes. La température réellement atteinte par l'encre et la durée d'exposition déterminent la tenue : une polymérisation insuffisante provoque craquelures ou mauvaise résistance au lavage, comme le détaille le procédé de sérigraphie textile étape par étape.
Quels critères vérifier pour des vêtements de travail ?
Avant de commander, trois points méritent un arbitrage : le textile et son entretien, le visuel et les quantités, puis la technique de marquage la plus adaptée avec son délai.
Le tissu, l'opacité et la tenue
La couleur et la matière du vêtement changent les réglages : le coton et le polyester ne s'impriment pas forcément de la même façon. Sur un tissu foncé, une sous-couche opaque préserve le contraste du motif. La sérigraphie textile convient aux t-shirts de travail lavés fréquemment, grâce à une encre polymérisée au four qui assure une très grande durabilité.
- Encre gonflante : elle crée un relief d'environ 1 à 2 mm, pour un marquage original et différenciant.
- Encres à effets : métallisées, pailletées ou phosphorescentes, elles produisent d'autres rendus visuels.
- Entretien : lavez à l'envers à température modérée, généralement entre 30 et 40 °C, sans eau de Javel.
Cette tenue du marquage dépend aussi de l'entretien : aucune impression ne garde son aspect indéfiniment quelles que soient les conditions de lavage.
Le visuel, les quantités et le coût
Eskouade produit des séries à partir de 50 pièces. À partir de 100 pièces, l'amortissement de la préparation rend généralement le coût unitaire de la sérigraphie particulièrement intéressant pour un visuel en aplats. Le prix dépend du nombre de couleurs et d'emplacements, du textile (coton, coton bio ou polyester) et d'une éventuelle sous-couche.
Il n'existe donc pas de seuil de rentabilité valable pour tous les projets. La préparation initiale des écrans pèse davantage sur une petite série. Pour une nouvelle série strictement identique, la réutilisation d'écrans conservés réduit ce travail et son coût.
Les autres marquages et les délais
Pour des photographies, des dégradés complexes ou des visuels qui changent souvent, l'impression directe DTG sur machine Kornit ou le transfert DTF offrent davantage de souplesse. Le DTG fonctionne sur textile blanc ou coloré, et le DTF permet aussi des couleurs fluo.
La broderie, à privilégier quand le logo est simple et de petit format, apporte du relief ; Eskouade propose aussi la broderie 3D et la broderie bouclette. Eskouade ne pratique pas le flocage et oriente vers d'autres techniques au meilleur rendu, notamment le DTF, comme l'explique la comparaison entre sérigraphie et flocage.
L'atelier de marquage internalisé d'Eskouade contrôle chaque étape de production. Il traite des séries jusqu'à plus de 5 000 pièces, avec un délai général d'une semaine. Une urgence peut être prise en charge en 72 h selon le projet. Une commande supérieure à 2 500 pièces peut demander jusqu'à 2 semaines.
En complément, Eskouade travaille uniquement pour les entreprises et les associations, avec une production française. Un réassort reste possible sur une série déjà réalisée. Des textiles bio certifiés sont disponibles, et un devis est envoyé rapidement.
Foire aux questions
Quels sont les inconvénients de la sérigraphie ?
Sur textile foncé, la sous-couche opaque peut épaissir le motif et rigidifier le toucher. La préparation des écrans demande des compétences spécifiques et retarde le début de la production, ce qui freine les petites séries. La vitesse d'impression reste modérée et varie selon le type de presse.
Peut-on repasser un vêtement sérigraphié ?
Oui, à condition de repasser à l'envers et sans vapeur, ou de poser un tissu de protection sur l'impression. Ces précautions évitent d'abîmer l'encre.
Combien de lavages une sérigraphie textile supporte-t-elle ?
Sur les grandes séries à partir de 200 pièces, la sérigraphie tient au moins 50 lavages à 40 °C. Cette durabilité dépend de l'encre, du textile et des paramètres de polymérisation.
Quelles questions poser à l'atelier avant de lancer une production en sérigraphie ?
Demandez le type d'encre, sa compatibilité avec le support et la méthode de polymérisation. Renseignez-vous aussi sur les essais réalisés, la tenue attendue au lavage et la conformité aux exigences applicables au produit.